Blog · Épicerie solidaire

Calculer le reste à vivre d'un foyer, pas à pas

La méthode simple pour calculer le reste à vivre par personne et par jour, avec un exemple chiffré, les pièges à éviter et la façon de fixer ses seuils.

Pour décider qui peut accéder à son épicerie solidaire, une association s'appuie souvent sur un chiffre : le reste à vivre. Il mesure, très simplement, ce qu'il reste à un foyer pour vivre une fois ses dépenses obligatoires payées. Voici comment le calculer, avec un exemple complet.

Que mesure le reste à vivre ?

C'est la somme dont dispose un foyer, chaque mois, après avoir payé ses charges incompressibles : le loyer, l'énergie, les assurances, les transports, les crédits. Ce qui reste doit couvrir l'alimentation, l'habillement, l'hygiène et tout le reste de la vie quotidienne. Pour comparer des foyers de tailles différentes, on le ramène à une personne et à un jour, et c'est généralement ce chiffre que la commission examine.

La formule

Le calcul se fait en deux temps. On soustrait d'abord les charges du mois aux ressources du mois, ce qui donne le reste à vivre mensuel. On divise ensuite ce montant par le nombre de personnes du foyer et par 30 jours, pour obtenir le reste à vivre par personne et par jour.

Le reste à vivre : ressources moins charges, divisé par le nombre de personnes et par 30 jours

Quelles ressources et quelles charges compter ?

Côté ressources, on additionne toutes les entrées d'argent régulières du foyer : les salaires et revenus d'activité, les allocations (CAF, chômage, minima sociaux), les pensions et retraites, ainsi que les pensions alimentaires reçues.

Côté charges, on ne retient que les dépenses obligatoires ou très difficiles à éviter : le loyer ou le remboursement du logement après déduction des aides, l'énergie et l'eau, les assurances et la mutuelle, les transports nécessaires au travail, les crédits et dettes en cours, les pensions alimentaires versées et les impôts. On n'y inclut pas l'alimentation, puisque c'est précisément ce que l'on cherche à financer, ni les loisirs.

Un exemple chiffré

Prenons une famille de trois personnes, un parent et deux enfants. Ses ressources s'élèvent à 1 450 € par mois : 1 050 € de salaire et 400 € d'allocations familiales. Ses charges totalisent 1 000 € : 600 € de loyer après aides, 90 € d'énergie et d'eau, 60 € d'assurances et de mutuelle, 80 € de transports, 120 € de crédit et 50 € de téléphone et d'internet.

Le reste à vivre mensuel est donc de 1 450 − 1 000 = 450 €. Rapporté aux trois personnes et aux 30 jours du mois, soit 90 « personnes-jours », il donne 450 ÷ 90 = 5 € par personne et par jour.

Comment fixer ses seuils ?

Il n'existe pas de seuil national imposé. Chaque structure choisit les siens, selon ses moyens et les besoins de son territoire. Beaucoup travaillent avec plusieurs niveaux : un seuil bas pour les foyers en grande difficulté, dont l'accès est prioritaire, un niveau intermédiaire pour les situations fragiles que la commission examine plus finement, et un seuil haut au-delà duquel l'accès devient exceptionnel.

Un code couleur, du rouge au vert, aide la commission à repérer d'un coup d'œil la situation de chaque dossier. Dans OneAsso, chaque association règle ses propres seuils et le reste à vivre se calcule automatiquement dès que les revenus et les charges sont saisis.

Exemple d'une famille de trois personnes : 1 450 euros de ressources, 1 000 euros de charges, soit 5 euros par personne et par jour

Les pièges à éviter

Le premier concerne les ressources irrégulières : pour un intérim ou un travail saisonnier, mieux vaut retenir la moyenne des trois derniers mois plutôt qu'un seul mois. Vient ensuite l'oubli de charges : un crédit ou une pension alimentaire versée peut changer sensiblement le résultat. Il faut aussi penser à mettre le calcul à jour à chaque renouvellement, car une situation évolue.

Surtout, le reste à vivre est une aide à la décision, jamais une règle absolue : la commission doit pouvoir tenir compte d'une situation particulière. Enfin, ces données financières sont sensibles. Ne demandez que ce qui est nécessaire, conservez-les en sécurité et ne les partagez qu'avec les personnes qui en ont besoin.

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